Stats

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Les centres 15 reçoivent environ 10 millions d'appels par an (en 2004), avec une progression d'environ 10 % par an. Les appels au 15 proviennent (statistiques sur les appels pour douleur thoracique) :

- 51 % : public (témoin d'un malaise, d'un accident)

- 30 % : sapeurs-pompiers (ayant été appelés sur une intervention) ;

- 19 % : médecin généraliste.

Concernant les suites données aux appels :

- 48 % des appels se concluent par un simple conseil médical. Ceci permet de réduire considérablement les hospitalisation (personnes qui se présenteraient spontanément aux urgences).

- 15 % des appels donnent lieu au départ d'un SMUR.

# Posté le jeudi 30 juin 2005 06:30

Modifié le samedi 01 octobre 2005 07:14

La régulation médicale

La régulation médicale
La régulation médicale est l'administration chargée de gérer l'envoi des moyens médicaux ainsi que les évacuations dans le cadre de l'aide médicale urgente. Elle prend en général la forme d'une salle de coordination avec des personnels chargés des communications téléphoniques avec le public et les médecins, des communications radio avec les services de secours mobiles (smurs, sapeurs-pompiers), et d'un médecin régulateur.

Le concept de régulation médicale est né en France en 1968, avec la création du premier service d'aide médicale urgente (Samu) à Toulouse par le professeur Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d'urgence hospitaliers. Les samus seront officialisés en 1976, mais il faudra attendre 1979 pour que le samu reçoive directement les appels du public.

Le principe de base de la régulation médicale est le « tri médical » : il s'agit d'acheminer les moyens adéquats vers la victime, puis d'amener la victime directement au service médical compétent. Ainsi, un brûlé grave ira directement au service des grands brûlés le plus proche, un polytraumatisé ira directement au centre hospitalier disposant d'un salle d'opération disponible 24h/24 7j/7... Auparavant, la victime était amenée au service d'accueil des urgences le plus proche, puis évacué vers un autre centre hospitalier si le service ne pouvait pas le traiter, ce qui entraînait une perte de temps. La régulation médicale permet de respecter la règle des trois R du Dr. Trunkey :

« the right patient to the right place at the right time » (le bon patient au bon endroit et au bon moment).

merci au SMUR Pédiatrique de Robert Debré
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# Posté le jeudi 30 juin 2005 06:33

Modifié le samedi 01 octobre 2005 07:14

Principes généraux de la régulation médicale°oO

Principes généraux de la régulation médicale°oO
L'appelant formule une demande d'aide médicale urgente (damu), l'opérateur doit déterminer le besoin d'aide médicale urgente (bamu). Un des principaux problèmes est que l'urgence ressentie par l'appelant (damu) est souvent sans rapport avec l'urgence réelle (bamu), soit que l'appelant sous-évalue l'urgence (par exemple accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde ayant des signes en apparence bénins), soit, cas plus fréquent, qu'il la surévalue (mal bénin ayant des manifestations spectaculaires, panique, impact social élevé).

À la réception de l'appel, la régulation détermine :

1) s'il y a une demande d'aide médicale urgente (damu) ; sinon (erreur), elle réoriente vers un autre service ;

2) si oui, elle s'enquiert de la localisation et ouvre un dossier médical ;

3) elle détermine s'il y a un besoin d'aide médicale urgente (bamu), par un diagnostic :

- recueillir la demande

- télémanipulation de l'appelant pour affiner la vision de la situation (signes opérationnels de régulation)

4) en fonction de l'urgence, elle détermine la réponse adaptée.

« La régulation » peut désigner ici une ou plusieurs personnes.

L'urgence (U) dépend :

- de la gravité (G) de l'état ;

- des soins (S) nécessaires ;

- du temps (T) que l'on a avant une aggravation irréversible

- de la valence sociale (V), c'est-à-dire de l'impact sur l'entourage ;

Si l'on pouvait quantifier chaque élément, on pourrait quantifier l'urgence par l'équation :

U = G × S × V / T


Cette quantité d'urgence est ce qui induit la décision de la part du médecin régulateur (choix de la réponse graduée). On note que la valence sociale V a un impact très important alors qu'il est tout sauf médical. Par exemple un décès, qui n'est pas une urgence (il n'y a plus rien à faire), a un fort impact, notamment dans le cas d'un nourrisson. Cette valence sociale prend aussi en compte l'identité de la victime (entre un inconnu et la princesse de Galles), la présence de média, la manière dont est habillée la personne (un SDF par exemple), l'impact social des antécédents médicaux connus (maladies de peau, sida)...

merci au Smur Pédiatrique de Robert Debré
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# Posté le jeudi 30 juin 2005 06:39

Modifié le samedi 01 octobre 2005 07:14

La régulation médicale en France

La régulation médicale en France
En France, la régulation médicale est faite par le Service d'aide médicale urgente (ou SAMU), et plus précisément par son Centre 15, également appelé centre de réception et de régulation des appels (CRRA).


Le Centre 15 est au c½ur du dispositif d'urgence français. Il comporte des permanencières et permanenciers d'aide à la régulation médicale (Parm) et un médecin régulateur. Les parm reçoivent les appels, récoltent les informations principales (lieu d'où la personne appelle, nature de l'appel) et les transmettent éventuellement au médecin régulateur et aux autres services concernés (police, gendarmerie, sapeurs-pompiers). Le médecin régulateur est chargé d'évaluer la gravité de l'état de la victime en posant des question à la personne qui appelle. Il détermine la suite de l'appel : simple conseils (70 % des appels ne donnent lieu à aucune intervention à domicile) ou bien envoi de moyens

- médecin de garde

- ambulance privée

- véhicule de secours et d'assistance aux victimes (VSAV) des sapeurs-pompiers

- VSAV + infirmier sapeur-pompier

- unité mobile hospitalière (UMH) du SMUR.

On a ainsi une réponse graduée en fonction de la gravité et de l'urgence de l'affection.

Le Centre 15 détermine également vers quel centre hospitalier (CH) ou clinique doit être évacuée la victime (en fonction des places disponibles et du plateau technique). Il gère aussi les transports inter-hôpitaux.

Le Centre 15 est en communication constante avec le sapeurs-pompiers (via leur CTA) et les forces de l'ordre (police, gendarmerie).

Ce système permet de gérer au mieux les moyens d'intervention disponibles. Avant de se rendre elle-même aux urgences d'un hôpital, une personne a tout intérêt à appeler le 15 pour savoir si cela est vraiment nécessaire, et à quel centre hospitalier se rendre (le moins encombré, celui disposant du plateau technique adapté).

Merci au Smur Pédiatrique de Robert Debré
http://smur-rd.com

# Posté le jeudi 30 juin 2005 06:44

Modifié le samedi 01 octobre 2005 07:13

Stay and play, scoop and run ou play and run ?

Stay and play, scoop and run ou play and run ?
La structure du SAMU et du SMUR français est née à la fin des années 1960, avec la constatation suivante : les victimes d'accidents de voiture décédaient la plupart du temps pendant leur transport vers l'hôpital ; d'autre part, une étude de Sch½maker a montrée en 1988 que la défaillance multi-viscérale, cause de mortalité tardive en cas de polytraumatisme, était principalement due à l'hypoxie des tissus qui s'installe avant une prise en charge médicale efficace. La victime nécessitait donc des soins sur place, il fallait la stabiliser avant de la transporter, et notamment en cas d'hémorragie, compenser la perte de sang par une perfusion pour rétablir une pression sanguine (tension artérielle) « normale ». Cette méthode est appelée par les anglais stay and play (littéralement « rester et jouer », dans le sens « agir sur place »).

Les étatsuniens ont développé une approche différente. Ils ont, eux, remarqué que, pour les traumatismes graves, les victimes décédaient dans les premières heures. Notamment, en cas d'hémorragie interne, seule une opération chirurgicale peut sauver la victime. Il fallait donc que la victime puisse être sur la table d'opération en moins d'une heure — c'est le concept de golden hour (heure d'or). Ils ont donc développé une structure basée sur des ambulances sans médecin, avec du personnel paramédical (EMT-P, emergency medical technician-paramedic) formé à des gestes médicaux, comme l'intubation oro-trachéale, la pose d'une voie veineuse périphérique (perfusion), l'administration de certains médicaments (bronchodilatateurs, adrénaline), mais sans possibilité d'initiative si le cas sort des protocoles prévus. Ces paramedics évacuent la victime le plus rapidement possible vers un trauma center (centre hospitalier), la méthode est appelée scoop and run (charger et courir).

Les deux méthodes présentent des avantages et sont légitimes. Profitant de l'expérience de l'Amérique du Nord, la France a fait évoluer son système :

- profiter du temps incompressible (par exemple, désincarcération d'une victime piégée dans sa voiture) pour pratiquer les gestes médicaux, mais réduire les gestes avant l'évacuation afin de respecter l'heure d'or, c'est le play and run (agir et courir) ; notamment, s'attacher à avoir une pression sanguine minimale et non plus une pression « normale », compléter le remplissage vasculaire (perfusion) par des médicaments vasopresseurs et un pantalon antichoc ;
- la possibilité pour les non-médecins (et notamment les ambulanciers et les secouristes) d'utiliser un défibrillateur semi-automatique (DSA), qui équipe maintenant les ambulances privées de garde au profit du centre 15 et les VSAV des sapeurs-pompiers (de nombreuses associations de secourisme se sont elles aussi équipées à leurs frais de DSA) ;
- l'intervention d'infirmiers pouvant appliquer des protocoles d'urgence écrits, et pouvant exécuter des prescriptions transmises par radio par le médecin régulateur du Samu. Ces infirmiers protocolés sont pour l'instant les infirmiers sapeurs-pompiers — ISP.
Le dernier point, appelé « paramédicalisation à la française » ou parfois « infirmiérisation des secours », permet à la victime de disposer de gestes médicaux de manière plus rapide ; en effet, le système d'urgence français est confronté actuellement à un problème d'effectif, or, il faut 7 ans pour former un médecin, 3 ans pour former un infirmier. On espère donc pouvoir disposer d'un maillage plus serré d'infirmiers sapeur-pompiers que de Smur. Par rapport au système nord-américain (EMT-P), les infirmiers sapeurs-pompiers disposent d'une possibilité d'initiative grâce à la prescription médicale par radio.

Merci au SMUR PEDIATRIQUE de Robert Debré
http://smur-rd.com

# Posté le jeudi 30 juin 2005 12:03

Modifié le samedi 01 octobre 2005 07:13